When Deliberation Becomes an End in Itself / Lorsque la délibération devient une fin en soi
On institutions, procedures, and the displacement of judgment / Institutions, procédures et déplacement du jugement
La version française de ce texte figure ci-dessous
For several years, alongside my more reflexive and analytic writing on bioethics, leadership, and academic life, I’ve been circling a set of recurring questions about how universities function. Not how they describe themselves in strategic plans or carefully laminated mission statements, but how they actually work in practice: through committees, procedures, platforms, templates, habits, and meetings whose most concrete outcome is often another meeting.
The more I wrote about academic life, the harder it became to ignore a basic fact: much of university functioning is not simply complex, slow, or imperfect. It is, at times, absurd. Not absurd because people are foolish or malicious, but because intelligent and well-intentioned people can build systems that multiply documentation and transform responsibility into procedure with remarkable efficiency. Academia has many virtues, but making decisions without first creating a working group to clarify the mandate of the decision-making process is not always one of them.
The Committee of Eternal Deliberation grew out of that longer engagement.
Over time, sarcasm and satire became less a stylistic choice than a methodological approach to document patterns that are difficult to name directly without reproducing their own logic. Some institutional dynamics resist sober description because sober description can make them sound more reasonable than they are. Satire allows the machinery to reveal itself. It lets the committee speak, the platform malfunction, the policy clarify itself into opacity, and the procedure continue, pending further review.
The decision to turn this material into a book was prompted by situations that kept repeating themselves with minor variations. Certain justifications returned so reliably they began to feel scripted. Certain frustrations were clearly not personal, idiosyncratic, or even particularly local. They belonged to institutional forms that reward deliberation and documentation while making judgment increasingly difficult.
At some point, it became clear that these patterns were better examined together, rather than scattered across individual posts.
This book is an institutional satire from inside the university. It does not aim to diagnose individual failings, offer leadership advice, or propose a new framework for reform. Instead, it adopts the language, formats, and rhythms of institutional life — reports, policies, committees, artefacts — and allows them to deploy with minimal commentary.
Some chapters rely on sarcasm, staying close to lived experience and the irritation that accompanies everyday encounters with academic bureaucracy. Others use satire more fully, stepping back to examine recurring structures and behaviours that sustain institutional inertia. Throughout, the focus is on how responsibility is distributed, deferred, or transformed into procedure.
The situations explored in the book arise in real institutional settings, where interests compete and accountability is limited, or altogether absent. While the work is informed by scholarship, it is equally shaped by experience — of teaching, supervision, governance, and leadership — and by the recognition that universities are moral actors, not just administrative systems.
This book is published in open access, reflecting a commitment to accessibility and circulation. It is meant to be read by students, colleagues, and others who recognize these dynamics not as abstractions, but as features of their everyday professional environment.
The Committee of Eternal Deliberation is now available. The open access EPUB and PDF can be consulted via the book’s landing page.
Depuis plusieurs années, parallèlement à mes textes plus réflexifs et analytiques sur la bioéthique, le leadership et la vie universitaire, je tourne autour d’un ensemble de questions récurrentes sur le fonctionnement des universités. Non pas la manière dont elles se décrivent dans leurs plans stratégiques ou leurs énoncés de mission soigneusement plastifiés, mais la manière dont elles fonctionnent réellement en pratique : à travers les comités, les procédures, les plateformes, les gabarits, les habitudes et les réunions dont le résultat le plus concret est souvent une autre réunion.
Plus j’écrivais sur la vie universitaire, plus il devenait difficile d’ignorer un fait élémentaire : une grande partie du fonctionnement universitaire n’est pas simplement complexe, lente ou imparfaite. Elle est, par moments, absurde. Non pas parce que les personnes sont stupides ou malveillantes, mais parce que des personnes intelligentes et bien intentionnées peuvent construire des systèmes qui multiplient la documentation et transforment la responsabilité en procédure avec une efficacité remarquable. Le monde universitaire a de nombreuses vertus, mais prendre des décisions sans d’abord créer un groupe de travail chargé de clarifier le mandat du processus décisionnel n’en fait pas toujours partie.
Le Comité de délibération éternelle est né de cette réflexion plus large.
Avec le temps, le sarcasme et la satire sont devenus moins un choix stylistique qu’une approche méthodologique pour documenter des schémas difficiles à nommer directement sans reproduire leur propre logique. Certaines dynamiques institutionnelles résistent à une description sobre, parce qu’une description sobre peut les faire paraître plus raisonnables qu’elles ne le sont. La satire permet à la machinerie de se révéler. Elle laisse parler le comité, dysfonctionner la plateforme, la politique se clarifier jusqu’à l’opacité et la procédure se poursuivre, sous réserve d’un examen ultérieur.
La décision de transformer ce matériel en livre a été suscitée par des situations qui se répétaient avec de légères variations. Certaines justifications revenaient avec une telle régularité qu’elles finissaient par sembler scénarisées. Certaines frustrations n’étaient manifestement pas personnelles, idiosyncrasiques, ni même particulièrement locales. Elles relevaient de formes institutionnelles qui récompensent la délibération et la documentation tout en rendant le jugement de plus en plus difficile.
À un moment donné, il est devenu évident que ces schémas seraient mieux examinés ensemble, plutôt que dispersés dans des billets individuels.
Ce livre est une satire institutionnelle écrite de l’intérieur de l’université. Il ne vise pas à diagnostiquer des défaillances individuelles, à offrir des conseils de leadership, ni à proposer un nouveau cadre de réforme. Il adopte plutôt le langage, les formats et les rythmes de la vie institutionnelle — rapports, politiques, comités, artefacts — et les laisse se déployer avec un minimum de commentaire.
Certains chapitres reposent sur le sarcasme, en restant proches de l’expérience vécue et de l’irritation qui accompagne les rencontres ordinaires avec la bureaucratie universitaire. D’autres mobilisent plus pleinement la satire, en prenant davantage de recul pour examiner les structures et comportements récurrents qui soutiennent l’inertie institutionnelle. Tout au long du livre, l’attention porte sur la manière dont la responsabilité est distribuée, différée ou transformée en procédure.
Les situations explorées dans le livre surgissent dans des contextes institutionnels réels, où les intérêts entrent en concurrence et où la reddition de comptes est limitée, voire totalement absente. Si le travail est informé par la recherche, il est tout autant façonné par l’expérience — de l’enseignement, de la supervision, de la gouvernance et du leadership — ainsi que par la reconnaissance que les universités sont des acteurs moraux, et non seulement des systèmes administratifs.
Ce livre est publié en libre accès, par souci d’accessibilité et de circulation. Il est destiné aux étudiants, aux collègues et à toutes les personnes qui reconnaissent ces dynamiques non pas comme des abstractions, mais comme des traits familiers de leur environnement professionnel quotidien.
Le Comité de délibération éternelle est désormais disponible. Les versions EPUB et PDF en libre accès peuvent être consultées sur la page de présentation du livre.
